La Trinité Langonnet

L‘église de la Trinité (XVIe siècle), construite au début du XVIe siècle par les abbés de Langonnet, comme nous l’indique une longue inscription gravée sur une pierre extérieure à l’angle du choeur et du croisillon Nord : « A toutz et chacun vrois catholique sont octroyé a chacun jour et feste de monseigneur saint Jean l’evangeliste, a chacun mardi de Pasques, les jours de la Trinité, les jours de la Toutzsaintz, le jour de la dedicacion de ceste chapelle, céans, V centz jours de vroy pardon, par une bulle datée le XXVe jour de septembre l’an Mil V centz, par le pape Alexandre, et aussi le jour de la Toussaintz. Plus sont concédés et octroiés par ledit pape et par une aultre bulle a checun desditz jours et fest de la Toussaintz, le jour de saint Jehan l’evangeliste, le jour de la Trinité, a la nativité de saint Jean Baptiste, à l’Exaltacion de la sainte Croés, a la dedicacion de ceste chapelle de la Trinité de Bezuer, en la paroesse de Langonet, aux bienfaiteurs de céans, M V centz jours de vroy pardon et indulgence, donnantz leur devocion pour la soutenance de ceste chapelle« .

Il s’agit à l’origine d’une chapelle de la Trinité Bezver, édifiée en 1492 par Vincent de Kergoët, abbé de Langonnet. Elle n’est pas achevée avant 1568. Elle est en partie achevée par l’abbé Yves de Boutteville dont les armes étaient encore au sommet de la maîtresse vitre au XIXe siècle. Elle devient en 1802 le siège d’une petite paroisse, toujours rattachée à la commune de Langonnet dont elle n’était auparavant qu’une simple trêve. Il s’agit d’un bel édifice comprenant une nef, un transept et un chœur polygonal, dont la décoration flamboyante, mêlée de quelques éléments Renaissance, est fort riche, mais le portail méridional à deux baies en anse de panier sous un grand arc brisé en accolade, le tout abondamment décoré, a seul été terminé. Le portail occidental et le clocher carré qui le surmonte sont restés inachevés. Les fenêtres, à réseau flamboyant, sont surmontées à l’extérieur de pignons décorés de crochets et d’animaux.

Un petit porche, au Sud, a été rajouté en 1742. En 1568, la chapelle est couverte d’une charpente aux entraits décorés de têtes de crocodiles et sablières très finement sculptées de personnages, d’animaux et de scènes diverses, œuvre du charpentier P. Poulichet (ou Polichet). Une sablière est datée de 1568 et signée B. Uliac et P. Polichet : elle présente un décor de têtes humaines, de dragons grotesques et de scènes de chasse. Les lambris de la charpente ont été supprimés en 1970.

Le clocher carré avec baies jumelés date de 1879-1889. De beaux vitraux de la fin du XVIe siècle, œuvre du verrier P. Androuet, ornaient les fenêtres, et ils ont été très endommagés, mais il en restait encore au début du XXe siècle d’importants fragments représentant diverses scènes des vies du Christ, de la Vierge et de saint Jean Baptiste et, au fond du chœur, l’arbre de Jessé. L’écu des Boutteville y est plusieurs fois répété. Il y a lieu de signaler aussi les enfeus et les piscines flamboyantes, de curieux culs-de-lampe sculptés, et les remarquables panneaux de bois des portes.

Le pardon a lieu le dimanche de la Trinité.

Actuellement en cours de totale restauration, l’église n’est pas accessible pour une durée approximative de deux ans.