Vitraux église de Gourin

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Les vitraux de 1875 ont été financés par les fonds recueillis lors d’une souscription alimentée par des fidèles et prêtres de Gourin. Ils ont été réalisés au Carmel de Le Mans et remplacent les verrières de 1500 détruits au moment de la révolution de 1789. Le privilège qu’avaient les nobles d’y faire figurer leurs armes et blasons n’est pas étranger à ces destructions. Si les vitraux d’aujourd’hui n’ont pas la même valeur que ceux d’origine, ils sont néanmoins très beaux, très colorés et forment un ensemble cohérent.

Commençons par ceux de l’abside :

Vitrail de gauche:

Saint Pierre (mort en 64) est entouré de Saint Louis (1214-1270) roi de France, portant le symbole de la couronne d’épines et les clous de la crucifixion et de Saint Yves (1253-1303) de Tréguier prêtre et avocat .

Les médaillons du bas confirment l’identité des Saints : Jésus envoie Saint Pierre « Paix mes brebis », Saint Louis rend la justice sous un chêne et Saint Yves est entouré de 2 « plaignants » représentant le pauvre et le riche. Yves Hélory de Kermartin est né le 17 octobre 1253 au Minihy, près de Tréguier. Sa famille, d’ancienne noblesse, se distinguait par ses vertus. Dès son plus jeune âge, l’enfant montra une propension, hors du commun, vers les choses de Dieu. Il reçut, au manoir paternel, les leçons d’un vieux précepteur. Puis il fut ensuite envoyé, à l’âge de 14 ans, à l’université de Paris ; il y étudia pendant dix ans les lettres et les sciences, la théologie et le droit canon. En 1277, à 24 ans,Yves étudia à Orléans le droit civil. La vie qu’il menait était celle d’un étudiant sérieux et pieux. Il partit ensuite à Rennes compléter ses longues études en suivant des exposés sur la Bible et les sacrements. Son entourage n’était pas sans remarquer ses talents, talents intellectuels : c’était un savant et un lettré ; talents spirituels de piété et d’ascèse, si bien que l’archidiacre de Rennes lui proposa la charge d’official. Yves resta à Rennes de 1280 à 1284.

L’évêque de Tréguier, Alain de Bruc avait besoin, lui aussi d’un official et il obtint le retour d’Yves au pays natal. En plus de la fonction d’official, l’évêque voulut lui confier une paroisse. Il fallut donc qu’Yves Hélory acceptât enfin de recevoir le sacerdoce, ce que son humilité lui avait fait jusque-là refuser. La première paroisse à lui être confiée fut Trédrez, la seconde Louannec, où il restera six ans. Ce ministère paroissial lui permit de ne pas se laisser dessécher par l’administration, de coller au réel, de rester près de ces petites gens qu’il affectionnait énormément. Par humilité, il prêchait de préférence en langue bretonne et dans les campagnes. Il se tenait à la disposition de ses paroissiens, donnant aux pauvres la nourriture matérielle, à tous la nourriture spirituelle des sacrements, passant des heures au confessionnal, portant souvent sur lui, dans une pyxide d’argent, l’eucharistie pour pouvoir la distribuer sans retard aux malades, restant parfois toute la nuit à l’église, s’y reposant dans les conditions les plus précaires, ne ménageant pas le pain de la parole. Yves donnait son argent jusqu’au dernier sou ; il donnait ses vêtements. Il tenait porte ouverte ; il tenait table ouverte aux gueux et aux miséreux, leur distribuant sa propre part, leur réservant les meilleurs morceaux, se faisant lui-même leur serviteur, ne se souciant pas de la gêne ni du dérangement qu’ils pouvaient provoquer. Yves ne se borna pas à faire prévaloir le droit dans ses fonctions judiciaires ; il se constitua l’avocat du faible, du pauvre, du persécuté. La violence et l’injustice lui causaient une telle horreur qu’il les combattait d’office, et n’épargnait ni peine ni argent pour faire rendre justice.  La réputation de ce vengeur du droit s’étendit dans tout l’ouest de la France.

En 1297, sentant ses forces décliner, bien qu’il n’eût que 44 ans (mais les veilles et les macérations l’avaient usé prématurément), il démissionna de toutes les fonctions officielles et se retira dans son manoir de Kermartin pour pouvoir mener ses dernières années dans l’union avec Dieu, loin des préoccupations de la terre. Il s’enfermait des journées entières dans sa chambre. Ses biens, il les avaient légués à celui qui desservait la chapelle de Kermartin, qu’il avait fait aménager : chapelle du Minihy, élevée en l’honneur de Notre Dame et de St Tugdual, fondateur du diocèse de Tréguier.

Et il avait beaucoup fait aussi pour la restauration de la cathédrale .En 1302, il alla en pèlerinage à Locronan ; il revint par Quimper et Landerneau, prêchant en cours de route, malgré la fatigue. Dans les derniers jours d’avril 1303, il était à Trédrez, où il prédit sa mort prochaine. Il rentra à Kermartin ; mais, malade il dût s’aliter. Le 15 mai, il se leva pour aller dire une dernière fois la messe, fit une confession générale et passa le reste de la journée à prêcher Dieu à son entourage. Le 18 mai, il reçût le sacrement des malades, s’unissant d’un bout à l’autre aux prières. Et, jusqu’au lendemain matin, il ne parla plus, les yeux fixés sur le crucifix. Aux premières clartés du jour, le dimanche 19 : le dernier soupir.

Les Barreaux de France et de l’étranger ont élu Saint Yves pour Patron, parce qu’il lui arrivait souvent de quitter son siège de Magistrat pour se faire l’avocat bénévole et ô combien éloquent des malheureux : conduite qui nous paraît aujourd’hui singulière, mais conforme à la législation du temps. Yves prenait en mains, sans en être requis, la cause des faibles et des affligés : veuves, orphelins, indigents formaient sa clientèle.

Et il consacrait sa compétence exceptionnelle, son cœur et ses deniers à faire triompher leur bon droit contre toutes les puissances du temps. Même de son vivant, son renom de science et d’éloquence et surtout d’incomparable générosité a largement débordé les frontières de la Bretagne. Il fut canonisé le 19 mai 1347 par le pape Clément VI. Son culte se répand avec une incroyable rapidité. En France, en Italie, aux Pays-Bas, Outre-Rhin, Saint Yves est le patron immédiat des universités, des jurisconsultes, des clercs. Même le Canada et les États–Unis se réclament du céleste patronage : en 1936, des avocats américains ont été jusqu’à offrir à la Basilique de Tréguier, sous la forme d’une verrière, un somptueux ex–voto…

Au dessus, quatre anges aux ailes rouges, jaunes et vertes portent des phylactères (Un phylactère est, dans l’art chrétien médiéval, un moyen graphique semblable à une petite banderole, sur laquelle se déploient les paroles prononcées par le personnage que l’on représente.) aux inscriptions latines. Ils entourent Sainte Hélène (255-327) portant la croix du Christ qu’elle aurait découverte vers 325. (Selon la légende, Hélène fit abattre le temple païen que l’empereur Adrien avait fait construire sur le site du Saint Sépulcre. Elle y aurait découvert la croix du Seigneur en faisant fouiller la zone de Gethsémani.)  

 Vitrail du centre:

La Vierge couronnée portant Jésus sur le bras droit est entourée de Saint Joseph portant un bâton terminé par un lis, et Saint Martin de Tours (315-397) bénissant de la main droite et tenant la crosse d’évêque dans la main gauche. Martin est né en l’an 316 dans la province romaine de Pannonie dans la cité de Sabaria, l’actuelle ville de Szombathely en Hongrie. C’est l’époque du développement de la Chrétienté et l’enfant a été vraisemblablement en contact avec des chrétiens. Il suivit en Italie son père, qui était tribun militaire au service de Rome. Bien qu’élevé dans le paganisme, il en méprisait le culte, et comme s’il eût été naturellement chrétien, il ne se plaisait que dans l’assemblée des fidèles, où il se rendait souvent malgré l’opposition de sa famille.

Dès l’âge de quinze ans, il fut enrôlé de force dans les armées romaines, et alla servir dans les Gaules, pays prédestiné qu’il devait évangéliser un jour. Que deviendra cet enfant dans la licence des camps? Sa foi n’y va-t-elle pas sombrer? Non, car Dieu veille sur ce vase d’élection.

Le fait le plus célèbre de cette époque de sa vie, c’est la rencontre d’un pauvre grelottant de froid, presque nu, par un hiver rigoureux. Martin n’a pas une obole; mais il se rappelle la parole de l’Évangile: J’étais nu, et vous m’avez couvert. « Mon ami, dit-il, je n’ai que mes armes et mes vêtements. » Et en même temps, taillant avec son épée son manteau en deux parts, il en donna une au mendiant. La nuit suivante il vit en songe Jésus-Christ vêtu de cette moitié de manteau et disant à ses Anges: « C’est Martin, encore simple catéchumène, qui m’a ainsi couvert. » Peu de temps après il recevait le Baptême. Charité, désintéressement, pureté, bravoure, telle fut, en peu de mots, la vie de Martin sous les drapeaux. Il obtint son congé à l’âge d’environ vingt ans.

La Providence le conduisit bientôt près de Saint Hilaire, évêque de Poitiers. Après avoir converti sa mère et donné des preuves éclatantes de son attachement à la foi de Nicée, il fonda près de Poitiers, le célèbre monastère de Ligugé, le premier des Gaules. L’éclat de sa sainteté et de ses miracles le fit élever sur le siège de Tours, malgré sa vive résistance. Sa vie ne fut plus qu’une suite de prodiges et de travaux apostoliques.

Sa puissance sur les démons était extraordinaire. Il porta à l’idolâtrie des coups dont elle ne se releva pas. Après avoir visité et renouvelé son diocèse, l’homme de Dieu se sentit pressé d’étendre au dehors ses courses et ses travaux. Vêtu d’une pauvre tunique et d’un grossier manteau, assis sur un âne, accompagné de quelques religieux, le voilà qui part en pauvre missionnaire pour évangéliser les campagnes. Il parcourt presque toutes les provinces gauloises: ni les montagnes, ni les fleuves, ni les dangers d’aucune sorte ne l’arrêtent; partout sa marche est victorieuse, et il mérite par excellence le nom de Lumière et d’Apôtre des Gaules.

Les médaillons du bas montrent la Sainte Famille dans l’atelier de Joseph, la nativité au centre et Martin en soldat romain, perché sur son cheval et partageant son manteau rouge avec le pauvre mendiant à ses pieds.

Au sommet, la crucifixion, Jésus sur la croix entouré de Marie et Jean, deux anges rouges et verts adorent et plus bas à gauche, la flagellation de Jésus et à droite Jésus devant Pilate qui se lave les mains.

Vitrail de droite

Au centre du vitrail, Saint Paul à la longue barbe, portant l’épée de son martyre, à sa gauche, Saint Jean portant le calice (Saint Jean à Patmos : flamme verte sortant du calice, allusion au miracle du poison rendu inoffensif) et à droite, le diacre Saint Laurent (Laurent serait né vers 210 ou 220 en Espagne, à Huesca, au royaume d’Aragon. Son père s’appelait Orence, et sa mère Patience. Afin de compléter ses études humanistiques et liturgiques il fut envoyé, tout jeune encore, dans la ville de Saragosse, où il fit la connaissance du futur pape Sixte II. Ce dernier, originaire de la Grèce, était investi d’une charge d’enseignant dans l’un des plus importants centres d’études de l’époque et, parmi ses maîtres, le pape était l’un des plus connus et des plus appréciés.

Pour sa part, Laurent, qui devait devenir un jour le chef des diacres de l’Église de Rome, s’imposait par ses qualités humaines, par sa délicatesse d’âme et son intelligence. Entre le maître et l’élève s’instaura une communion et une familiarité qui, avec le passage du temps, augmenta et se cimenta ; entre temps, l’amour qu’ils portaient tous les deux pour Rome, centre de la chrétienté et ville-siège du vicaire du Christ, augmenta au point de suivre un flux migratoire alors très intense et de quitter l’Espagne pour la ville où l’apôtre Pierre avait établi sa chaire et rendu le témoignage suprême. C’est donc à Rome, au cœur de la catholicité, que maître et élève purent réaliser leur idéal d’évangélisation et de mission… jusqu’à l’effusion du sang. Lorsque le 30 août de l’année 257, Sixte II monta sur le trône de Pierre – pour un pontificat qui devait durer moins d’un an – immédiatement et sans hésiter, il voulut à ses côtés son ancien élève et ami Laurent, en lui confiant la charge délicate de proto diacre, premier des sept diacres de l’Église romaine. Il avait, en cette qualité, la garde du trésor de l’église et était chargé d’en distribuer les revenus aux pauvres.

A cette époque l’empereur Valérien publia de sanglants édits contre les chrétiens, et le pape saint Sixte fut une des premières victimes de cette persécution. Le jour où l’on conduisait au supplice le vénérable pontife, Laurent dont le plus ardent désir était d’être associé à son martyre, le suivait en versant des larmes et lui disait : «Où allez-vous, mon père, sans votre fils ? Saint pontifie, où allez-vous sans votre ministre ?» Saint Sixte lui répondit : «Je ne vous abandonne point, mon fils; une épreuve plus pénible et une victoire plus glorieuse vous sont réservées; vous me suivrez dans trois jours».

Après l’avoir ainsi consolé, il lui ordonna de distribuer aux pauvres toutes les richesses dont il était dépositaire, pour les soustraire à la cupidité des persécuteurs. Laurent distribua donc aux indigents tout l’argent qu’il avait entre les mains, puis il vendit les vases et les ornements sacrés, et en employa le produit de la même manière.

Le préfet de Rome, à cette nouvelle, fit venir Laurent et lui demanda où étaient tous les trésors dont il avait la garde, car l’empereur en avait besoin pour l’entretien de ses troupes: «J’avoue, lui répondit le diacre, que notre Église est riche et que l’empereur n’a point de trésors aussi précieux qu’elle; je vous en ferai voir une bonne partie, donnez-moi seulement un peu de temps pour tout disposer.» Le préfet accorda trois jours de délai.

Pendant ce temps, Laurent parcourut toute la ville pour chercher les pauvres nourris aux dépens de l’Église; le troisième jour, il les réunit et les montra au préfet, en lui disant: «Voilà les trésors de l’Église que je vous avais promis. J’y ajoute les perles et les pierres précieuses, ces vierges et ces veuves consacrées à Dieu; l’Église n’a point d’autres richesses».

A cette vue, le préfet entra en fureur, et, croyant intimider le saint diacre, il lui dit que les tortures qu’il aurait à souffrir seraient prolongées et que sa mort ne serait qu’une lente et terrible agonie. Alors ayant ordonné qu’on dépouillât Laurent de ses habits, il le fit d’abord déchirer à coups de fouet, puis étendre et attacher sur un lit de fer en forme de gril, de manière que les charbons placés au-dessous et à demi allumés ne devaient consumer sa chair que peu à peu. Au milieu de ses horribles tourments, le saint martyr, sans faire entendre une plainte, pria pour l’église de Rome. Quand il eut un côté tout brûlé, il dit au juge : « Je suis assez rôti de ce côté, faites-moi rôtir de l’autre. » Bientôt, les yeux au Ciel, il rendit l’âme.) tenant dans sa main droite la palme des martyrs et sa main gauche retient le grill qui l’a brûlé et que l’on retrouve dans le médaillon du dessous, ainsi que la scène de l’apparition de Jésus à Saul (plus tard Paul) sur le chemin de Damas. A gauche, Jean distribuant la communion à Marie et aux autres apôtres. Au-dessus, dans les lancettes, Sainte Anne et la Vierge Marie. (Notons que c’est la seule représentation de Sainte Anne dans notre Église. La statue de plâtre des années 20 ayant disparue en 1967). Encore deux anges portant des phylactères et deux blasons : l’un épiscopal et l’autre papal (la tiare).

 

Continuons par les vitraux du mur Est :

Vitrail côté sacristie:

nous voyons Saint Jean Baptiste, à gauche près d’un agneau auréolé figurant le Christ. A droite, Sainte Rose de Lima qui vécu de 1586 à 1617 au Pérou, mystique tertiaire dominicaine, vierge ; c’est pourquoi elle a droit au lis. Elle est née en 1586 à Lima au Pérou d’une pauvre famille espagnole dont elle était la dixième enfant. Peu après l’âge de quatre ans, elle sut lire, sans l’avoir jamais appris, l’ayant simplement demandé dans la prière  et se nourrira du récit de la vie de Sainte Catherine de Sienne qui deviendra son modèle de vie spirituelle. Elle décide alors de consacrer sa vie à Dieu. Rose de Lima vécut une vie de pénitence et de macérations. A l’exemple de Catherine de Sienne, dès son enfance elle s’exerça au jeûne, refusant la viande et les fruits. Plus tard, elle ne se nourrit que de pain et d’eau.

A l’âge de vingt ans, en 1606, elle prend l’habit des tertiaires dominicaines. Mais, comme il n’y avait pas de couvent dans la ville où elle habitait, elle se réfugie dans un minuscule ermitage, tout au fond du jardin de ses parents, où elle passera le restant de ses jours dans la prière et les mortifications. Elle bénéficia aussi de grâces mystiques telles que la méfiance de l’Inquisition lui valut plusieurs examens de la part des autorités religieuses, ses profondes réponses étonnèrent alors ses détracteurs. Dans le même temps, elle se dévoue au service des indiens, des enfants abandonnés, des vieillards, des infirmes, et des malades. À sa mort en 1617 à l’âge de 31 ans, le peuple de Lima se précipita sur sa tombe pour y recueillir un peu de la terre qui la recouvrait. Elle est la Sainte Patronne des Amériques, de l’Amérique latine, du Pérou, des Philippines, des sœurs dominicaines, des couturièresjardiniersfleuristes, des JMJ de Madrid. Isabelle de Florès dite Rose de Lima (1586 – 1617), canonisée en 1671, est la première sainte du Nouveau Monde. Elle est fêtée le 23 août.

Dans les lancettes au-dessus, c’est le domaine des anges : 1 ange aux ailes déployées et 2 anges portant chacun un encensoir. Des phylactères ne laissent aucun doute sur les personnages représentés « Johannès Baptista » et « Rosa Lumens » peut-on lire.

 

Vitrail côté droit:

Il est important de noter la forme d’en fleur de lys de la monture en pierre de cette verrière. C’est la première fois que la fleur de lys apparaît en Bretagne. Sans doute en lien avec le mariage d’Anne de Bretagne en janvier 1499, car si les vitres ont disparu… l’armature de pierre est restée.

Ce vitrail est consacré à une apparition du Sacré Cœur  à Marguerite Marie Alacoque. Ces apparitions se produisirent au couvent de la Visitation de Paray Le Monial où elle était religieuse de 1673 à 1690.  Le vitrail date de 1875 : en 1873, un pèlerinage avait eu lieu à Paray Le Monial suivi par 100 députés de la IIIème République). Les Légitimistes font ainsi décider par la loi du 24 juillet 1873 la construction d’une basilique dédiée au Sacré-Cœur de Jésus, sur la colline de Montmartre, en réparation de crimes de la Commune (la première pierre est posée en 1875 et l’édifice achevé en 1914 pour être consacré en 1919).

Dans les lancettes au-dessus un bel ange aux ailes rouges en triangle et les lettres M A écrites dans 2 cercles.

Poursuivons par le mur Sud :

La 1ère verrière est facilement lisible :

C’est la Vierge de Lourdes et Sainte Bernadette Soubirous, une vue de la grotte et les apparitions aux enfants en 1858. Bernadette est née le 7 janvier 1844 au  moulin de Boly. Elle connaît la faim et la maladie, elle sait à peine lire et écrire. De santé fragile, elle paraît moins que son âge. Elle a notamment contracté le choléra lors de l’épidémie de 1856 et, si elle a survécu, elle est devenue asthmatique. Malgré son jeune âge, son sentiment religieux est très fort, même si elle ignore à peu près tout du catéchisme : « si la Sainte Vierge m’a choisie, c’est parce que j’étais la plus ignorante ! » dira-t-elle plus tard.

Dans les lancettes, on retrouve la Vierge en prière entres deux angelots à deux paires d’ailes et deux blasons à couronnes.

         

        

 

 

 

La 2ème verrière représente

La Vierge apparue à deux petits pâtres (Mélanie Calvat 14 ans et Maximum Giraud 11 ans) alors qu’ils gardaient les vaches à La Salette le 19 septembre 1846 (en Isère à 75 km de Grenoble.) ( 2 enfants disent avoir rencontré une  » Belle Dame » dans les alpages. D’abord assise et toute en larmes, la  » Belle Dame » se lève et leur parle longuement, en français et en patois, de  » son Fils » tout en citant des exemples tirés du concret de leur vie. Elle leur laisse un Message en les chargeant de le  » faire bien passer à tout son peuple « . Toute la clarté dont elle est formée et qui les enveloppe tous les trois, vient d’un grand Crucifix qu’elle porte sur sa poitrine, entouré d’un marteau et de tenailles. Elle porte sur ses épaules une lourde chaîne et, à côté, des roses. Sa tête, sa taille et ses pieds sont entourés de roses. Puis la  » Belle Dame  » gravit un raidillon et disparaît dans la lumière.

Les médaillons du bas montrent la Vierge en pleurs telle que les auraient vu les deux enfants et la Vierge et les voyants.

La lancette montre encore la Vierge de La Salette et deux anges aux ailes blanches portant des encensoirs.

En parcourant l’Église vous verrez les différentes stations du chemin de croix. En 1961, il a remplacé un chemin de croix en « cimentin » acheté par le Père Martin en 1930 environ.

 Les deux vitraux « aux apparitions » sont les moins réussis, leurs couleurs sont plus ternes.

 

Nous arrivons au portail gothique.

Au dessus

Un vitrail de plus petite taille mais intéressant ne peut qu’attirer notre attention. Tout en haut, un ange portant un blason qui a disparu, seul restent 2 blasons aux fleurs de lys portés par 2 anges sur des petits nuages. On peut penser que le blason manquant était celui de celle qui a l’honneur de figurer deux fois sur le vitrail : la Bienheureuse Françoise d’Amboise : une fois en Duchesse de Bretagne (elle le fut de 1450 à 1457), une fois en religieuse : Elle fit ses vœux à Rochefort en Terre dont était originaire sa mère. (On retrouve des vitraux la représentant à Josselin, à l’Église des Carmes de Pont L’abbé). Duchesse de Bretagne devenue religieuse carmélite. Solennellement fiancée à l’âge de sept ans à Pierre, prince de Bretagne, elle l’épousera quelques années plus tard. Et tous deux s’établirent au château de Guingamp. Au mois d’août 1450, Pierre et Françoise reçurent la couronne ducale. Ce fut pour la Bretagne sept années de progrès, de concorde et de rayonnement du bonheur de la famille ducale sur tout un peuple. « Françoise, la “Bonne Duchesse”, comme on l’appellera après son couronnement, prend une part discrète mais active au gouvernement. On loue son sens aigu de la justice, sa proximité envers les petits, les pauvres, les malades…   En 1457, la mort les sépara. Devenue veuve, elle fonda un monastère de Carmélites (premier carmel féminin de France) près de Vannes. A 40 ans, le 25 mars 1468, elle reçoit l’habit du Carmel, et un an plus tard, s’engage par la profession religieuse. Élue Prieure de sa communauté de Vannes Mère Françoise exerce sa charge avec douceur, fermeté, mais aussi humilité et dévouement. Puis se rapprocha de Nantes (1477), pour s’installer au monastère des Couëts, ancienne fondation ducale que les Bénédictines abandonnèrent à Françoise pour y fonder un Carmel. Le monastère des Couëts fut un havre de vie spirituelle. Elle y appela le bienheureux Alain de la Roche qui y établit la dévotion du Rosaire dont il était l’ardent propagateur. C’est là qu’elle mourut le 4 novembre 1485, tandis qu’on lisait l’évangile de la Passion : « Adieu mes filles, dit-elle, je vais expérimenter à présent ce que c’est que d’aimer Dieu ; je me rends à lui! »

Près de l’autel du Rosaire et de la Pieta

Très beau vitrail montrant une descente de croix : Jésus sur les genoux de sa mère, soutenue par Saint Jean à droite et Joseph d’Arimathie lui tenant les pieds. Joseph d’Arimathie est un personnage du Nouveau Testament. Dans le texte évangélique, Joseph d’Arimathie est un membre du Sanhédrin secrètement converti à l’enseignement du Christ. Il apparaît pour la première fois après la crucifixion, lorsqu’il demande à Ponce Pilate l’autorisation d’emporter le corps de Jésus. Ensuite, il l’ensevelit dans son propre sépulcre, taillé dans le roc. L’échelle et la corde ayant servi à descendre le corps occupent une place importante. On voit Jérusalem dans le fond et au 1er plan une lance et la couronne d’épines.

Les médaillons du bas montrent:

A gauche, Jésus portant sa croix aidé de Simon de Cyrène,  (les Pharisiens, qui conduisaient la marche, dirent aux soldats : “ Nous ne pourrons pas l’amener vivant, si vous ne trouvez quelqu’un pour porter sa croix ”. Ils virent à peu de distance un païen, nommé Simon de Cyrène, accompagné de ses trois enfants, et portant sous le bras un paquet de menues branches, car il était jardinier et venait de travailler dans les jardins situés près du mur oriental de la ville. Chaque année, il venait à Jérusalem pour la fête, avec sa femme et ses enfants, et s’employait à tailler des haies comme d’autres gens de sa profession. Il se trouvait au milieu de la foule dont il ne pouvait se dégager, et quand les soldats reconnurent à son habit que c’était un païen et un ouvrier de la classe inférieure, ils s’emparèrent de lui et lui dirent d’aider le Galiléen à porter sa croix. Il s’en défendit d’abord et montra une grande répugnance, mais il fallut céder à la force. Ses enfants criaient et pleuraient, et quelques femmes qui le connaissaient les prirent avec elles. Simon ressentait beaucoup de dégoût et de répugnance à cause du triste état où se trouvait Jésus et de ses habits tout souillés de boue ; mais Jésus pleurait et le regardait de l’air le plus touchant Simon l’aida à se relever, et aussitôt les archers attachèrent beaucoup plus en arrière l’un des bras de la croix qu’ils assujettirent sur l’épaule de Simon. Il suivait immédiatement Jésus, dont le fardeau était ainsi allégé. Les archers placèrent aussi autrement la couronne d’épines. Cela fait, le cortège se remit en marche. Simon était un homme robuste, âgé de quarante ans ; il avait la tête nue : son vêtement de dessus était court : il avait autour des reins des morceaux d’étoffe : ses sandales, assujetties autour des jambes par des courroies, se terminaient en pointe : ses fils portaient des robes bariolées. Deux étaient déjà grands ; ils s’appelaient Rufus et Alexandre, et se réunirent plus tard aux disciples. Le troisième était plus petit.) rencontre sa mère et a un geste touchant envers elle agenouillée.

A droite, Le Christ en croix, le soldat romain à cheval (Originaire de Cappadoce , Longin servait dans l’armée romaine et commandait une unité en Judée. Il fut, avec ses hommes, chargé d’assurer la crucifixion de Jésus-Christ et il reçut mission de garder son corps pour que personne ne pût le dérober ni dire qu’il était ressuscité. Saint Longin le Centurion (ou saint Longinus sous sa forme latine) est vénéré comme étant le soldat romain qui a percé de sa lance le côté droit du Christ en croix. cité en Marc 15, 39 : « le centurion, qui se tenait en face de lui, s’écria : Vraiment cet homme était fils de Dieu ! ».Il se serait converti à la vue des prodiges qui ont accompagné la  Passion du Christ.) perce son côté droit d’un coup de lance, Marie-Madeleine à la longue chevelure, semble embrasser les pieds du Christ, tandis que Marie et Jean se tiennent debout tristes mais dignes. (Outre Marie, mère de Jésus, les évangiles nous parlent de plusieurs Marie. Parle-t-on de Marie Madeleine dont Jésus avait chassé sept démons ou de la sœur de Lazare Marie de Béthanie ? Depuis, elle le suivait partout où il allait, faisant partie de ce groupe de femmes, (Elle devint une de ses disciples — peut-être la disciple femme la plus importante du Christ) qui servaient le Maître et les apôtres. Lors du crucifiement, elle le suivit jusqu’au Calvaire et se tient à distance, mais, après la descente de croix, elle suit Joseph d’Arimathie, remarque ce qui se passe et reviendra, avec une autre Marie, au matin de Pâques pour les rites de sépulture. Elle est également la femme la plus présente du Nouveau Testament. Elle fut le premier témoin à recevoir la révélation du Christ ressuscité et à porter aux autres disciples l’annonce de la Résurrection. Revenue avec eux au tombeau, elle reste devant, tandis que Pierre et Jean repartent trouver les autres disciplesMarie-Madeleine pleure. Elle n’a pas compris les paroles des anges. C’est tellement inimaginable ! C’est alors que le Christ lui apparaît et parle avec elle  mais elle ne le reconnaît pas tout de suite, et essaie de le toucher, ce qui lui vaudra la phrase Noli me tangere (« Ne me touche pas »), quand le jardinier se fait reconnaître. « Rabbouni, Maître » c’est son acte de foi.

Le culte de Marie Madeleine connut un grand développement en France à la Sainte Baume, dans le sud de la France, et surtout à Vézelay. Elle est la patronne du diocèse du Var – Dès les premiers siècles chrétiens, pénitents, saints, rois, papes viennent accomplir leur pèlerinage à la grotte de la Sainte-Baume auprès de sainte Marie-Madeleine.)

Dans les lancettes, au dessus d’un minuscule ange aux 4 ailes, les anges portent les objets symboles de la passion, la tunique, le roseau, le calice et la colonne…

        

Dans les fonts baptismaux

Le vitrail représente le baptême de Jésus dans le Jourdain, par Jean Baptiste. L’Esprit Saint figure au dessus sous la forme traditionnelle d’une colombe. Dans les lancettes : 2 anges adorateurs ont de belles ailes déployées et tout en haut Dieu le Père, bénissant avec un globe serti de joyaux dans la main gauche, a un visage bien féminin. Les médaillons du bas ont fait le choix de montrer des baptêmes d’enfants en Bretagne au XIXème siècle, sans doute.

        

 

 

 

 

Au dessus du portail Ouest:

admirons le décor floral du vitail en « roue de paon » haut en couleurs.

 

 

 

Sur le mur nord:

Le petit vitrail , le plus récent (1933), présente des feuilles, des fruits, des arabesques et des tons de mauve, rouge, marron, bleu blanc… toutes des couleurs chaudes qui changent selon la lumière.

 

 

 

 

 

 

Nous arrivons aux grandes baies :

D’abord celle du jugement dernier :                 

Sous des angelots perchés sur des nuages, Jésus, entouré de la Vierge et de Jean Baptiste assiste au réveil des morts par les anges et leurs grandes trompettes. Ils accueillent les justes, relèvent les bons tandis que les méchants semblent glisser, inexorablement vers le feu d’où émerge un bras dont la main a pris au collet un futur damné (Vision très moralisatrice). Remarquons, et c’est valable pour le vitrail suivant, tous les personnages sont blancs.

 

 

 

 

 

Achevons notre visite par le très beau vitrail du Couronnement de la Vierge Marie et la vue du bonheur éternel promis aux élus.

Il illustre certaines phrases de l’Apocalypse de Saint Jean. Les martyrs ont des palmes à la mains. Saint Paul avec son épée : il semble discuter avec Saint Pierre peut-être … Saint Joseph a son lys. Tout en bas à droite, Saint Laurent a son grill, et un moine prêcheur (le Père Maunoir ?) (Le Père Julien Maunoir fut le disciple, l’ami, le successeur de Dom Michel Le Nobletz. Il est né à Saint-Georges de Reintembault (Ille-et-Vilaine), près de Fougères,  le 1er octobre 1606, et a été élevé dans une modeste famille de cultivateurs. Envoyé au collège des Jésuites de Rennes, il entra au noviciat de la compagnie en 1625 à l’âge de 19 ans. 

Il était régent de la classe de cinquième (300 élèves) au collège des Jésuites de Quimper de 1630 à 1633. C’est en 1630, alors qu’il avait 24 ans, qu’il reçut un jour la visite de Dom Michel Le Nobletz. De Quimper il fut envoyé par ses supérieurs au collège de Tours, et il reçut la prêtrise le 6 juin 1637 à Bourges. De là, il partit à Nevers, puis à Rome et ne revint à Quimper qu’en 1640. Le Père Julien Maunoir a écrit un journal latin des missions, qui permet de suivre sa carrière, année par année (il avait donné près de 400 missions). Il a aussi écrit « la Vie de Michel Le Nobletz » et la « Vie de Père Bernard ».  Epuisé, le Père Maunoir, que certains appelaient encore « an Tad mad » (le bon père), mourut au presbytère de Plévin près de Maël-Carhaix en préparant une dernière mission, le 28 janvier 1683. Il fut inhumé dans l’église. Son tombeau fut ouvert et ses reliques placées dans une châsse le 4 octobre 1847. Il a été béatifié par décret pontifical du 4 mars 1951. Le 20 mai 1951, le pape Pie XII hissa le Père Maunoir au premier rang des protecteurs de la Bretagne en le déclarant Bienheureux.

Le Père Michel Le Nobletz avait été l’initiateur, il avait défriché la lande bretonne, inculte et broussailleuse. Le Père Maunoir allait pouvoir semer et récolter. Deux mots du Père Maunoir résume sa vie : « More pecudum vivebant », disait-il, et quarante deux ans après « Eur vaghérès sent » (une pépinière de saints). La Bretagne leur doit d’avoir été pendant trois siècles une terre catholique d’une extraordinaire ferveur.) présente une croix. Il y a des rois, des soldats (St Longin ?), des femmes… la foule annoncée dans l’apocalypse. Et au dessus,  la Vierge ayant la lune sous ses pieds,encore au dessus des humains, la Trinité : le Christ avec sa croix bénissant comme son père à la barbe longue et qui tient le globe terrestre dans sa main gauche ; son auréole comporte une croix portée comme celle de Jésus ; entre eux, la colombe du Saint Esprit rayonne.

Et au dessus ? Entre deux angelots, est-ce la Nouvelle Jérusalem promise?…

Et si vous avez du temps, comptez tous les anges des vitraux… J’en ai trouvé 49 ! Qui dit mieux ?

 

 

 

 

 

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2 commentaires sur “Vitraux église de Gourin”